Interviews·Littérature jeunesse

Fanny Ducassé, ou la tendresse infinie

Fanny Ducassé, auteure-illustratrice du remarqué Louve (Prix Sorcières du Premier Album), possède une patte atypique, touchante, empreinte d’une extrême délicatesse et de poésie. Ses albums apportent chaleur et réconfort à ceux qui les lisent. C’est un cadeau merveilleux à offrir aux personnes que l’on aime, et à soi-même.

C’est au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse à Montreuil, en 2014, sur le stand des éditions Thierry Magnier, que j’ai rencontré Fanny pour la première fois. Mon cœur a manqué un battement lorsque j’ai ouvert Louve – un coup de foudre. Depuis ce jour, je suis assidument le travail de Fanny. Collectionne les dédicaces. Et surtout, partage son univers avec (tous) mes clients. En mai dernier, elle a d’ailleurs assisté au Salon du livre jeunesse de Beausoleil, en partenariat avec la librairie. Curieuse comme je suis, j’avais quelques questions à lui poser auxquelles elle a gentiment accepté de répondre !

  • Bonjour, Fanny ! Tout d’abord, pourrais-tu nous décrire ton parcours, tes expériences ? Qu’est-ce qui t’a poussée à soumettre un album jeunesse à un éditeur ?

Après m’être plutôt ennuyée tout au long de ma scolarité, je rêvais, après le bac, de faire des études qui allient dessin et stylisme (je ne savais pas trop quoi et j’avais pensé à une école de costumière). Mes parents étant farouchement opposés à cette idée, j’ai finalement atterri aux Beaux Arts de Saint-Étienne, qui m’ont dégoûtée du dessin et fait perdre toute confiance en moi dans ce domaine (je n’y suis pas restée plus de deux mois). Ensuite, j’ai suivi des études de Lettres modernes jusqu’à l’obtention de la Licence. Ces années de fac m’ont beaucoup apportée et j’en garde un très bon souvenir. Toutefois, je ne me voyais pas du tout devenir prof et le dessin a commencé à énormément me manquer.

J’ai pris des cours de couture, recommencé à dessiner des vêtements (entre autres), puis j’ai passé un entretien à la Chambre syndicale de la couture parisienne (école de stylisme-modélisme), sur les conseils de ma professeur de couture. Je suis restée deux ans dans cette école et j’ai adoré, surtout les cours de « style » où l’on pouvait dessiner. Ensuite, au lieu de devenir styliste, j’ai dessiné dans mon coin, de plus en plus, et donné des cours particuliers de français en parallèle.

Je ne pensais pas du tout être capable de devenir illustratrice et je ne savais pas si le métier de styliste (après avoir fait quelques stages) me convenait. Mon meilleur ami m’a pourtant poussée à imaginer une histoire (texte et images) et la proposer à un éditeur. Par curiosité je me suis prêtée au jeu et ça m’a beaucoup plu !

  • Comment naissent tes histoires ? Commences-tu par le texte ou les illustrations ?

Mes histoires naissent de fragments de rêves, de problème ou d’angoisse que j’essaie de résoudre en inventant une fin qui m’apaise, une ambiance chaleureuse dans laquelle je me sens bien. Pour mes trois premiers albums, j’ai plutôt commencé par le dessin, mais pas du tout de façon méthodique.

  • Quelle technique emploies-tu ? Quelles sont tes sources d’inspiration, les artistes qui te nourrissent au quotidien ?

Depuis que j’ai découvert les feutres et le stylo très fin (outils que l’on utilisait dans l’école de stylisme-modélisme), je ne m’en lasse pas ! Il y a bien des illustrateurs dont le travail m’enchante, mais ce n’est pas une source d’inspiration au quotidien. Je m’inspire sans doute plus de mes rêves, de la nature, des fleurs, des intérieurs kitsch, de mes peurs, de la petite fille que je suis.

  • Comment organises-tu tes journées de travail ? Possèdes-tu un atelier ?

Je travaille mieux les après-midi, dans des cafés, ou chez moi. Je n’ai pas d’atelier.

  • Ton dernier album, Dans le ventre de la Terre publié au Seuil Jeunesse (texte de Cécile Roumiguière), est ta première collaboration. Comment se déroule un tel processus ?

Pour ce dernier album, Angèle Cambournac (éditrice chez Le Seuil Jeunesse) m’a proposé d’illustrer le texte de Cécile. J’ai tout de suite pensé à le faire, car le texte m’émouvait et m’intriguait. Au début, pourtant, je n’étais pas sûre d’y arriver, et j’ai eu un peu de mal à me lancer. Cécile et Angèle m’ ont aidée en me faisant confiance et en me laissant libre de me réapproprier le texte. Cela n’a pas été évident mais une fois lancée, j’ai pris beaucoup de plaisir à vagabonder dans « Le ventre de la Terre » et cette collaboration m’a véritablement enrichie.

  • As-tu un nouveau projet en cours ?

Oui, je suis en train de travailler dessus !

  • Tu as donc suivi des études de stylisme-modélisme à la Chambre syndicale de la Couture parisienne. As-tu déjà songé à créer tes propres poupées et peluches ? Quel est ton rapport à cet univers, autrefois en tant qu’enfant, et maintenant en tant qu’adulte ? Y a-t-il une marque de jouets que tu affectionnes particulièrement ?

Je n’ai jamais pensé à créer des poupées ou des peluches mais j’aimerais bien pouvoir faire des imprimés pour du tissu. Enfant, je dessinais presque tout le temps des vêtements, faisais des catalogues… Aujourd’hui, j’ai toujours un rapport singulier au vêtement et j’aimerais bien arriver à lier cela à l’illustration, mais je ne sais pas exactement comment (à part proposer mes imprimés à je ne sais qui pour du tissu). Je ne saurais pas citer une marque que j’affectionne particulièrement.

  • Quels seraient les conseils que tu donnerais à quelqu’un qui veut se lancer dans la couture ?

Bien qu’ayant un peu appris la couture, je ne suis vraiment pas bien placée pour donner des conseils à de futur(e)s couturier(e)s car, en fait, je suis assez nulle dans ce domaine.

  • Si tu devais choisir un animal-totem, lequel ce serait ?

Peut-être le koala ! Quoi de plus mignon ? Je n’en ai jamais vu en vrai, mais ça a l’air doux et gentil, malgré les griffes. Sinon, un animal de la forêt qui court vite et qu’on aperçoit rarement, comme la biche ou le renard.

Merci infiniment Fanny d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !

Retrouvez les chroniques de ses albums ici,  et là-bas ! Et pour les fans de papeterie, venez découvrir la Galerie Robillard où vous trouverez les carnets de notes réalisés par Fanny (9 modèles existants disponibles à la commande en ligne) !

carnet_fannyducasse

Alors, envoûtés ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s